Amortissement
En anglais : Depreciation / Amortization
Répartition comptable du coût d'un actif sur sa durée de vie utile. Charge non monétaire qui est ajoutée au bénéfice net pour calculer le BAIIA, la mesure de rentabilité privilégiée en évaluation d'entreprise.
Définition
L’amortissement est la méthode comptable qui répartit le coût d’acquisition d’un actif sur sa durée de vie utile estimée. On distingue la dépréciation (pour les actifs corporels comme l’équipement, les véhicules et les bâtiments) de l’amortissement au sens strict (pour les actifs incorporels comme les brevets, les logiciels et l’achalandage). Dans l’usage courant au Québec, le terme « amortissement » couvre les deux.
Il s’agit d’une charge comptable non monétaire : l’entreprise n’effectue aucun déboursé au moment où l’amortissement est inscrit. L’argent a déjà été dépensé lors de l’acquisition de l’actif. L’amortissement réduit le bénéfice net au état des résultats, mais n’affecte pas les flux de trésorerie réels de l’entreprise.
Pourquoi l’amortissement est important dans la vente d’une entreprise
L’amortissement joue un rôle central en évaluation d’entreprise parce qu’il fait partie du calcul du BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement). Le BAIIA est obtenu en ajoutant l’amortissement au bénéfice d’exploitation — c’est-à-dire en neutralisant cette charge non monétaire. C’est précisément pour cette raison que le BAIIA est la mesure privilégiée en fusions-acquisitions : il reflète la capacité réelle de l’entreprise à générer des liquidités, indépendamment des choix comptables d’amortissement.
Un vendeur devrait comprendre que les politiques d’amortissement choisies par son comptable (méthode linéaire, dégressive, durées de vie estimées) affectent le bénéfice net reporté, mais pas le BAIIA ni les flux de trésorerie. Deux entreprises identiques qui utilisent des méthodes d’amortissement différentes afficheront des bénéfices nets différents, mais le même BAIIA. C’est une des raisons pour lesquelles les acheteurs se fient au BAIIA plutôt qu’au bénéfice net.
Il est aussi important de distinguer l’amortissement comptable de la déduction pour amortissement (DPA) — appelée « capital cost allowance » (CCA) en anglais. La DPA est le montant d’amortissement déductible aux fins fiscales, établi selon les taux prescrits par l’ARC. Elle diffère souvent de l’amortissement comptable et a des implications fiscales directes lors d’une vente, notamment le concept de récupération d’amortissement, qui peut générer un impôt additionnel à la clôture.
Ce que tout vendeur devrait savoir
- L’amortissement est une charge non monétaire : il réduit votre bénéfice net sur papier, mais pas votre trésorerie — c’est pourquoi les acheteurs regardent le BAIIA, qui neutralise cette charge.
- Un amortissement élevé combiné à de faibles investissements en capital (capex) peut inquiéter un acheteur : cela peut signaler des actifs vieillissants qui devront être remplacés après l’acquisition.
- Lors d’une vente d’actifs, la récupération d’amortissement (DPA récupérée) est imposable comme revenu ordinaire — discutez de cet impact fiscal avec votre comptable avant de choisir entre une vente d’actions et une vente d’actifs.
- Assurez-vous que les registres d’amortissement de vos immobilisations sont à jour et réconciliés avec vos états financiers — c’est un élément vérifié systématiquement en vérification diligente.