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SECTEUR · CONSTRUCTION SECTEUR

Vendre une entreprise de construction au Québec

En construction, la vente se joue autant dans les chantiers en cours que dans les chiffres : licence RBQ, conformité CCQ, retenues et cautionnements dictent ce qu'un acheteur peut reprendre.

Le marché de la construction au Québec

L'industrie de la construction au Québec est régie par la Loi sur les relations du travail dans l'industrie de la construction — la Loi R-20 — qui découpe l'activité en quatre sous-secteurs distincts. Chacun a ses dynamiques de marché, ses conventions collectives propres, et son propre profil d'acheteur en transaction.

  • Institutionnel et commercial (IC) — Le titan du secteur, qui concentre plus de la moitié des heures travaillées (121,5 millions en 2025). Méga-hôpitaux, écoles, redéveloppement urbain, immeubles de bureaux. Donneurs d'ordres concentrés (gouvernement, grandes corpo, réseaux institutionnels).
  • Génie civil et voirie — Infrastructures publiques portées par le Plan québécois des infrastructures (PQI), les parcs éoliens (Apuiat, Des Neiges 1) et le plan d'expansion d'Hydro-Québec sur les lignes de transport. Actifs lourds, donneurs d'ordres publics, marges encadrées.
  • Résidentiel (neuf et rénovation) — En reprise après les chocs de taux : 60 800 mises en chantier prévues en 2026, en hausse de 3 %. Exposition au plan de garantie GCR sur le neuf.
  • Industriel — Le sous-secteur volatile : impulsion de +17 % en 2025 dopée par la filière batterie, contraction prévue de -14 % en 2026 sur les mégaprojets suspendus. À traiter avec prudence dans les projections d'un acheteur.

À partir d'ici, nous parlons des PME du secteur — typiquement entre 2 et 30 millions de dollars de chiffre d'affaires, là où les transactions de fusions-acquisitions sont les plus actives au Québec, peu importe le sous-secteur d'activité.

Les PME de construction en chiffres

216 M h

Heures travaillées en 2025 — sommet historique

CCQ, 2025

~28 000

Employeurs actifs (industrie assujettie à la Loi R-20)

CCQ, 2024

+65 %

Hausse cumulée des coûts de construction depuis 2019

Desjardins, 2025

L'industrie a atteint un sommet historique en 2025 avec 216 millions d'heures travaillées. Le secteur compte près de 28 000 employeurs assujettis à la Loi R-20 et environ 198 000 salariés, pour une masse salariale de 10,2 milliards de dollars.

Au-delà de la main-d'œuvre, les dépenses d'investissement en construction représentent environ 79 milliards de dollars par année au Québec. Et l'écosystème est structurellement fragmenté : la grande majorité des employeurs comptent moins de 50 salariés, mais une part disproportionnée de l'activité est exécutée par les plus grands joueurs.

Les projections pour 2026 anticipent un repli modéré à 213,3 millions d'heures (-1 %). Le marché est à deux vitesses : le résidentiel continue de croître, le génie civil reste porté par les grands chantiers d'infrastructures, mais l'industriel se contracte et la valeur des permis non résidentiels a reculé de 16,9 % en 2025.

Sur cette même période, les coûts de construction ont bondi de 65 % depuis 2019, principalement à cause des salaires et de la rareté de main-d'œuvre. C'est ce qui structure les négociations actuelles : pour les grands joueurs, la croissance organique par embauche est devenue trop lente et trop coûteuse — la consolidation par acquisition est devenue le moyen le plus efficace d'acquérir de la main-d'œuvre, des licences, et des équipes déjà formées.

Pour un vendeur, céder maintenant revient à capitaliser au haut du cycle — mais l'acheteur va challenger votre capacité à défendre les marges dans un contexte de coûts croissants. C'est précisément pourquoi une évaluation d'entreprise sérieuse pour une PME québécoise du secteur construction croise plusieurs approches plutôt que d'appliquer un multiple unique à un BAIIA brut.

Sources : Commission de la construction du Québec, Perspectives 2026 — Industrie de la construction ; Commission de la construction du Québec, faits saillants 2024 ; Institut de la statistique du Québec, mises en chantier et permis de bâtir 2025 ; Mouvement Desjardins (Études économiques), pourquoi les coûts de construction continuent-ils d'augmenter rapidement (octobre 2025) ; Innovation, Sciences et Développement économique Canada, statistiques sectorielles construction (totalisations StatCan).

Particularités de la vente en construction

Vendre une entreprise au Québec suit des étapes communes à tous les secteurs. Mais en construction, trois enjeux propres à l'industrie deviennent des points durs en transaction : la transférabilité de la licence RBQ, la conformité CCQ, et la mécanique financière des chantiers (travaux en cours, retenues, cautionnements).

La licence RBQ : critique, mais pas portable telle quelle

Au Québec, vous ne pouvez pas opérer un chantier sans licence d'entrepreneur. La Régie du bâtiment du Québec (RBQ) délivre cette licence — elle est rattachée à votre Numéro d'entreprise du Québec (NEQ), pas à vous personnellement. C'est un détail qui change tout au moment de la transaction.

Lors d'une vente d'actions, l'entreprise garde son NEQ et la licence reste active. Mais si vous êtes le répondant qualifié — la personne qui répond légalement de la conformité technique, en gestion de projets ou en sécurité —, votre départ déclenche un compte à rebours strict : l'acheteur a 90 jours pour qualifier un nouveau répondant, par examens RBQ ou par dossier d'équivalence professionnelle. Si ce délai expire, la licence est suspendue ou annulée, et l'entreprise n'a légalement plus le droit d'opérer.

Lors d'une vente d'actifs, la complexité augmente : l'acheteur doit déposer une nouvelle demande de licence sous son propre NEQ. Les délais de traitement de la RBQ étant actuellement allongés, la date de clôture peut être repoussée ou nécessiter un accord de transition.

Une mention pour les sous-métiers : si vous opérez en plomberie ou en électricité, votre dossier de qualification passe aussi par la corporation de votre métier — la Corporation des maîtres mécaniciens en tuyauterie du Québec ou la Corporation des maîtres électriciens du Québec. Un canal administratif supplémentaire à sécuriser en amont d'une vente.

CCQ et Loi R-20 : la main-d'œuvre comme enjeu de transaction

La Commission de la construction du Québec (CCQ) administre l'application de la Loi R-20. Elle découpe le secteur en quatre sous-secteurs (résidentiel, IC, génie civil, industriel), encadre les conventions collectives, suit la formation, et surveille la conformité des employeurs et des chantiers.

Pour un acheteur, votre dossier CCQ est l'un des audits les plus impitoyables de la vérification diligente. Trois choses se vérifient :

  • L'exactitude des registres de paie, des rapports mensuels et des sommes dues. Les pénalités de retard peuvent atteindre 20 % — un signal d'alerte qui déclenche souvent une retenue sur le prix.
  • Le respect des ratios apprentis-compagnons, qui varient par sous-secteur (1:1 en résidentiel, souvent 2:1 dans les autres). Un historique de non-conformité signale un risque d'amendes rétroactives.
  • La classification des travailleurs par métier et par champ d'application. Un mauvais classement entraîne des sommes recalculées rétroactivement, parfois sur plusieurs années.

Au-delà de la conformité, l'acheteur évalue aussi votre capacité à retenir les contremaîtres et les compagnons clés après la transaction — dans un secteur où la rareté de main-d'œuvre qualifiée est la première raison économique pour laquelle il achète plutôt que de recruter.

WIP, retenues et cautionnements : le cycle financier d'un chantier

Les états financiers d'une PME de construction ne se lisent pas comme dans un autre secteur. Trois mécaniques propres à l'industrie déterminent ce que l'acheteur paie réellement.

D'abord, les travaux en cours (WIP, pour work-in-progress). Vous facturez vos chantiers selon des jalons, pas selon les coûts réellement engagés. La pratique de la surfacturation — facturer en avance sur l'avancement réel — est utile pour financer le fonds de roulement, mais elle crée un passif au moment de la vente : l'acheteur hérite des travaux à exécuter sans les flux de trésorerie correspondants. Ce passif est mathématiquement déduit du prix via l'ajustement du fonds de roulement à la clôture. À l'inverse, la sous-facturation signale un manque de rigueur ou des litiges non résolus.

Ensuite, les retenues de garantie. Standard de l'industrie : 5 à 10 % de chaque paiement est retenu par le donneur d'ouvrage et libéré 12 à 13 mois après la fin des travaux. Cet argent vous appartient, mais l'acheteur exige souvent qu'à sa libération il soit placé en compte en main tierce pour couvrir d'éventuelles malfaçons sur les chantiers livrés sous votre gouverne. C'est un point de négociation majeur à la clôture.

Enfin, les cautionnements. La RBQ exige une caution de licence (20 000 $ pour une licence spécialisée, 40 000 $ pour une licence générale). À cela s'ajoutent les cautionnements d'exécution sur les contrats — surtout en IC et en génie civil, où les donneurs d'ouvrage les exigent presque systématiquement. Pour la plupart des PME, ces cautionnements s'appuient sur des engagements personnels du propriétaire. Au moment de la vente, leur substitution par les engagements du repreneur n'est pas automatique : elle dépend de la solidité financière de l'acheteur et de l'accord des assureurs et des donneurs d'ouvrage. C'est souvent la condition suspensive la plus difficile à lever.

En résidentiel neuf, ajoutez la Garantie de construction résidentielle (GCR) : votre Cote Qualité conditionne les exigences de cautionnement imposées au repreneur. Une cote A ou AA réduit ces exigences ; un dossier de réclamations actif les alourdit.

Une particularité opérationnelle aggrave tout cela : la saisonnalité. L'activité de chantier au Québec se concentre entre avril et octobre, avec un creux marqué en décembre-janvier. L'acheteur ne va pas regarder vos chiffres annuels — il va demander des chiffres mensuels et un cycle complet. Le WIP de fin d'année et celui d'août ne signifient pas la même chose, et la fenêtre de vente influence la lecture du fonds de roulement à la clôture.

Sources : Régie du bâtiment du Québec, ajout ou remplacement de répondant ; Commission de la construction du Québec, être employeur — Loi R-20 ; Garantie de construction résidentielle, accréditation des entrepreneurs ; Association canadienne de caution, cautionnements d'exécution.

Multiples typiques

La construction couvre des réalités très différentes — un entrepreneur général en IC, un spécialiste en CVAC sur services récurrents et un excavateur en civil léger ne se valorisent pas de la même façon. Les quatre sous-secteurs Loi R-20 que nous avons décrits plus haut interagissent avec votre positionnement (général ou spécialisé, projet ponctuel ou services récurrents) pour produire ce que les acheteurs voient.

La logique de fond — pourquoi les multiples varient d'un secteur à l'autre — s'applique ici avec force. Et avant d'appliquer la fourchette, le BAIIA normalisé doit refléter un capex de maintien réaliste, un loyer aux conditions du marché, et un ajustement WIP propre.

Fourchettes de multiples — PME de construction

Base : BAIIA normalisé (après capex de maintien, loyer marché, ajustement WIP)

Entrepreneurs généraux (PME)

3.5x 4.5x 6.5x

Très sensible à la qualité du backlog, à la dépendance au fondateur et à la propreté du WIP.

Entrepreneurs spécialisés (services récurrents)

4x 6x 8x

Prime à la récurrence — contrats d'entretien, appels de service, relations long terme.

Résidentiel neuf (constructeur)

3.5x 5x 7x

Exposition au plan de garantie GCR — un dossier de réclamations actif comprime la valorisation.

Civil léger / excavation

3x 4x 5.5x

Forte composante équipements — le capex de maintien comprime le multiple.

Repères de marché indicatifs, pas une promesse de prix. La valeur finale se défend dossier par dossier : base d'évaluation normalisée, transférabilité, risques propres au secteur, structure de la transaction et concurrence réelle entre acheteurs.

Ce qui pousse le multiple vers le haut

  • Des revenus récurrents (contrats d'entretien, appels de service, relations long terme) — la récurrence est le seul facteur qui efface une partie du risque WIP. Une PME spécialisée qui facture 30 à 40 % de son chiffre d'affaires en service récurrent commande facilement un à deux tours de multiple de plus qu'un pur projet-by-project.
  • Une équipe d'estimation et de gestion de projets autonome — sans le fondateur dans la pièce. Si vous êtes l'unique estimateur capable de gagner des appels d'offres rentables, l'acheteur modélise votre départ comme une perte sèche de capacité, et finance ce risque par décote.
  • Un dossier de conformité impeccable (CCQ, RBQ, CNESST, GCR) — l'absence d'avis d'infraction et de réclamations actives réduit le profil de risque, accélère la diligence et limite les retenues à la clôture.
  • Un backlog rentable et bien cadré — clauses de change orders documentées, marges restantes prouvées, sous-traitants verrouillés. Un acheteur paie pour la prévisibilité, pas pour le volume brut.
  • Une exposition à des segments porteurs — résidentiel en hausse, génie civil sous le PQI, parcs éoliens (Apuiat, Des Neiges 1), expansion d'Hydro-Québec sur les lignes de transport. Une thèse de croissance crédible se traduit par un haut de fourchette.

La conversion de ces leviers en prix ferme passe toujours par la même discipline : une évaluation d'entreprise rigoureuse, qui croise les approches des revenus, des multiples et des comparables avant toute mise en marché.

Ce qui pousse le multiple vers le bas

  • La dépendance au propriétaire comme estimateur principal ou relationneur-clé — l'acheteur voit le risque de départ de capacité et le finance par décote ou par clauses de transition longues.
  • Une surfacturation significative — le passif WIP caché alimente directement l'ajustement du fonds de roulement à la clôture, et entaille le prix net que vous extrayez.
  • Un parc d'équipements vieillissant — l'acheteur intégrera le capex de remplacement à venir dans son offre. Une grosse flotte obsolète détruit plus de valeur qu'elle n'en crée.
  • Des dossiers de garantie ou de litiges ouverts (GCR, vices, malfaçons, réclamations actives) — l'acheteur exigera des comptes en main tierce importants ou des indemnités robustes pour se protéger.
  • Une concentration excessive sur un seul donneur d'ouvrage (au-delà de 40 % du chiffre d'affaires) — une rupture post-acquisition coûte trop cher pour ne pas être financée par décote.

Sources : Capstone Partners, Construction Services M&A Coverage Report (mid-market nord-américain) ; BMO, Middle Market M&A Update Q4 2025 ; données de transactions privées et expérience de marché RCA ; Demers Beaulne, multiples de marché comme outil d'évaluation (octobre 2025).

Qui achète des entreprises de construction au Québec ?

La consolidation en construction au Québec se fait par capacités plus que par volume. Les acheteurs cherchent une expertise spécifique, une couverture géographique, des sous-catégories de licence — et surtout des équipes de travailleurs CCQ qualifiés impossibles à recruter organiquement dans un marché où la rareté est endémique.

Qui achète et pourquoi

Consolidateurs stratégiques ~50 %

Grands entrepreneurs régionaux ou groupes industriels — acquièrent des capacités (expertise, sous-catégories de licence, équipes CCQ qualifiées) plutôt que du chiffre d'affaires.

Fonds d'investissement privés ~25 %

Stratégie plateforme + acquisitions complémentaires. Ciblent les PME avec un BAIIA supérieur à 3 M$, une équipe autonome et des marges au-dessus de la moyenne sectorielle.

Relève interne / rachat par les cadres ~15 %

Surintendants, chargés de projet ou estimateurs clés — la voie la plus sécuritaire pour préserver la licence RBQ sans interruption, mais le financement du fonds de roulement reste un défi.

Repreneurs individuels ~10 %

Marginal — barrières à l'entrée élevées (examens RBQ, cautionnements, Loi R-20) et capacité financière limitée face aux offres stratégiques.

Lecture indicative du bassin d'acheteurs, et non des données de marché. Les pourcentages indiquent le poids relatif des profils à approcher ; le résultat d'une transaction dépend de la qualité du dossier, de la confidentialité du processus et de la concurrence créée.

Cas concret : Excelpro et Construction Polaris CMM. En octobre 2025, Groupe Excelpro acquiert 50 % de Construction Polaris CMM (Sept-Îles), spécialisée en génie civil et secteur minier. L'objectif n'est pas d'ajouter du chiffre d'affaires : c'est d'ajouter une capacité « civil » à la plateforme de services industriels d'Excelpro.

Ce type de transaction illustre la logique dominante du marché — l'acheteur ne rachète pas du chiffre d'affaires, il rachète une capacité de livraison et une base opérationnelle conforme. À plus grande échelle, les consolidations de Roxboro et BauVal en excavation, et l'acquisition historique des actifs de Meloche par Sintra (devenu Groupe Colas Québec), confirment la même logique : les acquéreurs sécurisent l'accès à des ressources critiques — carrières d'agrégats, usines d'enrobés, équipes qualifiées — que la croissance organique ne peut plus fournir assez vite.

Pour un propriétaire qui envisage la vente, la leçon est concrète : la valeur tient à la rareté de votre expertise, à la rétention des équipes CCQ et à la propreté du dossier réglementaire et financier. Plus cette preuve est accessible, moins l'acheteur finance l'incertitude.

La suite consiste à mettre plusieurs acheteurs stratégiques en concurrence tout en sécurisant RBQ, CCQ et cautionnements. C'est exactement le rôle d'un courtier en vente d'entreprise au Québec : structurer le processus, protéger l'information et amener les bons acheteurs à la table.

Sources : Investissement Québec, communiqué Excelpro — Construction Polaris CMM (octobre 2025) ; Bouygues / Colas, communiqué Sintra — acquisition Meloche ; Portail Constructo, fusion Roxboro Excavation — Groupe BauVal ; Capstone Partners, Construction Services M&A Coverage Report.

Questions fréquentes — Vente d'entreprise de construction

Ma licence RBQ est-elle transférable si je vends mon entreprise ?

Pas directement. La licence de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) est rattachée à votre Numéro d'entreprise du Québec (NEQ), pas à vous personnellement.

Lors d'une vente d'actions, l'entreprise conserve son NEQ et sa licence — mais si vous êtes le répondant qualifié, l'acheteur dispose de 90 jours pour qualifier un nouveau répondant, par examens RBQ ou par dossier d'équivalence professionnelle.

Lors d'une vente d'actifs, l'acheteur doit soumettre une nouvelle demande complète. Les délais de traitement de la RBQ étant actuellement allongés, cela peut repousser la date de clôture.

Qu'est-ce que l'acheteur va vérifier côté CCQ ?

Trois choses, principalement.

D'abord, la conformité aux ratios apprentis-compagnons prévus par la Loi R-20 — 1:1 en résidentiel, souvent 2:1 dans les autres sous-secteurs. Un historique de non-conformité signale un risque d'amendes rétroactives.

Ensuite, l'exactitude des registres de paie, des rapports mensuels et des sommes dues à la Commission de la construction du Québec. Les pénalités de retard peuvent atteindre 20 %.

Enfin, la classification des travailleurs par métier et par champ d'application — un mauvais classement entraîne des sommes recalculées rétroactivement et peut compromettre la transaction ou justifier des retenues sur le prix.

Comment les acheteurs évaluent-ils mes projets en cours ?

Ils analysent le carnet de commandes contrat par contrat : marges restantes, rythme de facturation, change orders, retenues de garantie, claims et déficiences.

La surfacturation — facturer en avance sur l'avancement réel — crée un passif caché : l'acheteur hérite des travaux à exécuter sans les flux de trésorerie correspondants. Ce montant est mathématiquement déduit du prix via l'ajustement du fonds de roulement à la clôture.

Un backlog « propre » soutient la valorisation ; un backlog opaque ou surfacturé la détruit.

Les retenues de garantie de mes anciens projets m'appartiennent-elles après la vente ?

En principe oui — vous avez exécuté les travaux. Mais les acheteurs exigent souvent que ces montants (5 à 10 % du contrat, libérés 12 à 13 mois après la fin des travaux) soient placés en compte en main tierce à leur libération, pour couvrir d'éventuelles réclamations ou malfaçons sur les chantiers livrés sous votre gouverne.

C'est l'un des points de négociation les plus durs à la clôture.

Posséder une grosse flotte d'équipements augmente-t-il la valeur ?

Pas nécessairement. Les acheteurs évaluent la capacité à générer des flux de trésorerie libres, pas la taille du parc.

Une flotte vieillissante implique des dépenses en capital (capex) futures que l'acheteur déduit de sa modélisation. La tendance macro favorise la location en construction — une entreprise allégée en actifs mais rentable peut obtenir de meilleurs multiples qu'une entreprise lourde en machinerie obsolète.

Le cadre réglementaire québécois rend-il la vente plus complexe qu'ailleurs ?

Oui. Le Québec combine la licence RBQ, la Loi R-20 (CCQ et conventions collectives), le plan de garantie GCR sur le résidentiel neuf et un système de cautionnement obligatoire — un écosystème unique en Amérique du Nord.

C'est aussi un avantage pour les vendeurs conformes : les barrières à l'entrée sont si élevées que les acheteurs paient une prime pour acquérir une plateforme déjà opérationnelle et conforme plutôt que de démarrer de zéro.

Vous envisagez de vendre votre entreprise de construction ?

Chaque secteur a ses particularités. Notre rôle est de structurer la vente en intégrant les vôtres.

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